Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Ecole Européenne III

  • Ecrire l'Histoire

    Plus de vingt ans après le génocide, le Rwanda connait un développement inégalé par les autres pays africains. Le pays aux mille collines est arrivé à ce résultat grâce à une immense volonté de laisser derrière lui son histoire raciale et sanguinaire pour aller vers une réconciliation nationale. Ceci est en tous cas ce que tout Rwandais vous dira si vous l’interrogez sur le sujet. Mais comment en est-on arrivé là ? Pour répondre, on doit probablement remonter jusqu’à la fin du génocide et à la mise en place de l’état actuel. Dès 1999 et la création de la Commission nationale de l’Unité et de la Réconciliation a été diffusé un discours que l’on voulait tenu à l’unisson et récité par cœur par tous les écoliers dans tout le pays. Ce discours consiste, en résumé, en l’idée que la mise en place des empires coloniaux a déstructuré la société traditionnelle, créé l’anarchie et transformé des classes sociales en ethnies précédemment inexistantes.  Ces divisions ont mené aux conflits internes, à la haine et au génocide. C’est ce même  discours que nous avons entendu au Mémorial du Génocide, à la Commission nationale de l’Unité et de la Réconciliation mais aussi dans les écoles que nous avons visitées.

    Au cours de notre voyage, nous nous sommes rendus compte que nous n’avions entendu aucun discours sortant de cette version de l’Histoire. Ce qui nous a conduits à nous poser la question suivante : pourquoi cette vision simplificatrice de l’Histoire ? Un professeur d’histoire que nous avons rencontré nous a expliqué son point de vue sur son pays : le discours national a été mis en place par l’actuel président Kagame au terme d’un voyage de réflexion de 6 ans. Il fallait, pour obtenir la paix, diffuser un message simple et facile à comprendre et dont la vertu serait aussi d‘attribuer au gouvernement en place un rôle majeur dans la sécurité du pays, au risque d’être manichéen.

    Nous nous sommes demandé si faire croire au peuple une vérité partielle était une bonne chose ou non. Faut-il simplifier l’Histoire pour assurer la paix ? Faut-il désigner un nouvel ennemi (par exemple  les empires coloniaux et leur action) pour créer un sentiment d’unité ? La question est complexe et nous continuons à réfléchir. Nous nous demandons jusqu’à quel point un discours unique peut changer la pensée collective. Et vous qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à nous répondre dans les commentaires.

    Lazar et Luis

  • En conclusion...

     

    Pendant le voyage j'ai pu remarquer plusieurs contrastes. Ce sont des contrastes de tout genre, entre le raconté et la réalité, au niveau du salaire, au sujet du génocide,…

    En arrivant on m'avait dit que le Rwanda était un pays très propre où aucun individu n'était pauvre. Cette image que je m'étais faite du pays entier s'est brisée quand on a été visiter les villages. Il y avait des petits enfants qui vivaient dans une grande misère, des déchets partout. A Kigali, lors de la visite d'un bidonville, on a également  trouvé la pauvreté et des déchets jusque dans les canalisations, qui n'étaient pas couverts et remplis d'eau polluée. 

    On m'avait également dit que tout allait mieux entre les habitants, qu'ils vivaient en paix tous ensemble. Encore une fois cette idée d'un peuple réuni en paix a été brisée. J'ai su que la raison pour laquelle les enfants étaient à l'école en internat est que la génération qui a connu le génocide ne s'est pas encore tout à fait remise de celui-ci et pourrait influencer les jeunes avec leurs opinions pas toujours neutres suite au passé. Rien ne nous était raconté de manière claire J'ai dû coller plusieurs versions pour pouvoir me faire une idée de la réalité. Quelle est la totale vérité de ce qui s'est passé?

    Mais n'est-ce pas moi en tant que européenne qui veut tout savoir? Est-ce vraiment nécessaire de tout savoir? Ici toute l'histoire n'est pas racontée dans sa totalité et ceci permet peut-être au peuple d'avancer petit peu par petit peu, plus facilement?

    Les incohérences viennent-elles de l'ignorance de la réalité ou bien d'un besoin de fabriquer une certaine réalité?

    Elles sont peut être nécessaires pour que les Rwandais puissent aller de l'avant, vers l'image de ce pays idéal qu'ils se sont créé.

    Laia R.

  • La façade du Rwanda

    Quand nous sommes arrivés au Rwanda, nous avons pu nous faire une première image du pays: villes propres et sûres, développement rapide, conflits et génocide semblant appartenir au passé, stabilité politique de mise. 

    Mais pendant notre séjour nous avons pu regarder derrière la façade du pays. Nous avons  vu des tas de déchets dans les villages, des militaires armés patrouillant dans les rues. Nous avons remarqué que beaucoup de gens n'ont, malgré le développement économique, pas accès à l'électricité et/ou l'eau potable. On a également remarqué que certaines personnes ne pouvaient laisser le passé derrière elles et restaient méfiantes vis-à-vis de l'autre. En plus, nous avons remarqué que le président Kagame exerçait le pouvoir d'une main très ferme n'acceptant pas les contestations. 
     
    Le Rwanda semble construire une façade devant ses problèmes pour ne pas risquer des révoltes et des guerres civiles. Mais cela en vaut-il la peine ?
     
    Lazar