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Ecole Européenne III - Page 2

  • Quand la musique facilite l’échange culturel

    Lorsque nous sommes arrivés le premier soir, nos correspondants nous ont accueillis avec de la musique. Ce qui nous a marqué, c’est que nous connaissions déjà ces musiques, sans même que nous ayons besoin de partager les liens musicaux auparavant !

    Nous avons constaté que les chansons avaient été écrites par des enfants des deux cultures, européenne et africaine. Presque tous les Béninois rencontrés connaissent par exemple les chanteurs Maître Gims et Black M. Il s’agit d’artistes issus de l’émigration africaine. Ces chanteurs possèdent les deux cultures, c’est là leur force ! Grâce à ces musiques, les rapprochements affectifs se sont faits assez vite. Nous avons tout d’abord échangé sur nos préférences musicales pour ensuite aboutir à des sujets plus complexes.

    Voilà donc un des multiples points positifs de la mondialisation et des échanges culturels.

    Hugo.

  • Du rêve

    C’était au mois de juin dans un train entre Rixensart et Bruxelles. Nous revenions du Centre de Réfugiés où les élèves avaient découvert certaines facettes des conditions de vie des candidats à l’émigration, où ils avaient joué au foot et partagé un goûter avec les enfants résidant. Rixensart était à l’époque un centre de référence pour les filles « mineures non accompagnées » qui avaient fui un mariage forcé. Beaucoup d’entre elles, pourtant toutes jeunes, étaient déjà mamans. Elles venaient majoritairement d’Afrique subsaharienne.

    • Ce qu’il faudrait, c’est partir ensemble en Afrique !

    Dans le train, la remarque a fusé. Tous les élèves surenchérissent.  Et si je réponds « Pourquoi pas ! », c’est parce qu’il est toujours criminel de tuer un rêve qui naît.

    La semaine suivante, des animateurs d’Iles de Paix arrivent en classe. Ils s’adressent à un public rendu subitement sceptique. Les élèves voulaient se rendre en Afrique pour aider, se sentir utiles, donner, participer à un chantier ; or, les invités leur tiennent un autre langage. « Savez-vous construire un mur ? planter ? creuser un puits ? » est-il demandé aux jeunes, et devant leur silence un peu choqué, ce fameux proverbe « La main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit ». Les yeux sont écarquillés. Iles de Paix propose une rencontre, une découverte sur pied d’égalité.

    • C’est avec eux que nous voulons partir ! Ils ont révolutionné notre vision du monde en trente minutes. Qu’est-ce que ça sera après dix jours ?...

    Un an et demi a passé et nous voilà au Bénin avec Iles de Paix.

    Il y a cette route traversant le pays le long de laquelle des enfants tentent de vendre des produits divers et n’iront jamais à l’école. Il y a tous ces villages où survivre au quotidien est tellement difficile qu’il n’est pas possible de dégager de l’énergie pour réfléchir à l’amélioration des lendemains. La marche pour l’eau, la cueillette de quelques fruits, la récolte d’une poignée de grains, ne permettent pas de repousser la maladie, la malnutrition, la mortalité infantile.

    Et puis il y a ces Iles de Paix, ces parcelles d’espoir où l’ONG a proposé des formations à la population. On trouve des marchés en dur qui attirent les chalands ; on rencontre des agriculteurs qui s’opposent  à la désertification et parviennent à cultiver des choux et des carottes aux endroits les plus improbables ; on communique avec des femmes qui lancent des activités génératrices de revenus et s’organisent en coopératives.

    Là, les enfants vont à l’école. Il y a des médicaments. La population est mieux nourrie. L’exode rural est combattu. Les femmes, devenues acteurs économiques, sont considérées et, lentement, acquièrent des droits.

    Et nous, bien éloignés de notre zone de confort, nous réalisons que les petits gestes que nous posons en Europe peuvent réellement transformer le monde. Il n’est plus question pour nous de simplement rêver de découverte. Nous nous prenons à rêver de multiplier ces Iles de Paix dans le monde.

    Nathalie

  • Le brassage culturel

    Les rapports mutuels entre les divers pays surtout le Bénin et la Belgique suscitent aujourd’hui une attention particulière. En effet, le dialogue et la collaboration entre ces deux pays sont déjà en action à divers niveaux, mais ils devront encore se développer pour porter des fruits plus abondants.

    Il est donc nécessaire de rappeler que l’œuvre de collaboration sera d’autant plus efficace que ceux qui en sont les protagonistes seront convaincus que son succès dépend d’abord de leur conviction. Alors les rapports mutuels entre les élèves belges et béninois, conduits avec une volonté sincère, exprimeront d’une manière convenable la  validité de l’ « amitié » dans son admirable mission de salut.

    Je vous exhorte à secouer, tasser et à re-secouer les liens pour qu’ils vous soient profitables dans un avenir meilleur.

    Casimir (correspondant d’Adrien)