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Ecole Européenne III - Page 5

  • Où est la vérité?

    Les 19-20 novembre derniers, nous avons eu un weekend de formation organisé par des ONG. Deux activités m'ont particulièrement marquée. Dans les deux cas, nous, élèves de différentes écoles, étions mélangés.
     
    La première activité se présentait comme un jeu. Au début ça avait l'air un peu facile et pas vraiment logique. À chaque fois que je pense qu'un jeu est trop facile ou que je ne le comprends pas, c'est qu'il y a un sens qui se cache derrière. Et cette fois n'était pas une exception. 
    On était comme des marchands qui échangeaient des petits carrés colorés. Il y avait des riches, une classe moyenne et des pauvres. Dans ce jeu, les riches restaient les riches et les pauvres, les pauvres. 
    Le but était de nous montrer l'injustice du système capitaliste . Ça m'a particulièrement touchée car j'étais une des riches. Je recevais à manger, les plus pauvres devaient travailler pour moi, et même si j'avais assez d' "argent" je ne voulais pas le partager. C'est pendant le débat après le jeu que je me suis rendue compte combien mon comportement était radin et égoïste... 
    Bref, c'était un jeu très intéressant!!!!

    Le sens de l'autre activité qui m'a plu portait sur notre capacité à juger. Chaque fois que nous rencontrons une situation nouvelle, nous la jugeons, mais ce jugement est-il correct?
    On était introduit un par un dans un pays imaginaire appelé Albatros. Tout était très exotique. Au bout de la classe était un homme chaussé assis sur une chaise et une femme pieds nus à ses côtés, au sol. La femme était comme une esclave. Elle devait donner à manger, à boire, rendre hommage à l'homme. Et l'homme, toujours assis, donnait les ordres.
    À la fin du jeu, on a un peu débattu, et ce sujet nous a été expliqué. En fait la femme est supérieure à l'homme au pays Albatros. Toucher le sol avec les pieds nus est un honneur. La femme donne à manger à l'homme car elle seule peut porter la fourchette qui a été en contact immédiat avec la nourriture produite par la Terre sacrée.
    Mon jugement était trop rapide et la vérité complètement différente. On vit dans une société qui nous a enseigné certaines valeurs, et quand on rencontre une situation nouvelle, on interprète selon nos valeurs. Et on peut se tromper complètement.
     
    Marie.

  • WE de formation à Jambes!

    Notre premier week-end de formation fut organisé par les ONG à Jambes, près de Namur. Toutes les ONG, les profs et 150 élèves se réunirent dans la bonne humeur, avec la même envie de découvrir le monde et toutes ses cultures. Mais avant de partir à la découverte du monde, nous devions commencer par découvrir les cultures de notre propre pays. 

    C'est ce qui nous a été proposé pendant ce week-end : les 150 élèves présents ont pu être témoins de la diversité présente en Belgique. 

    Chacun vit dans sa bulle, une bulle dont on sort rarement mais pourtant durant cette formation, séparés de tous nos amis car placés dans des groupes différents, nous avons été obligés de sortir de notre bulle, de notre bulle de confort. Nous avons dû interagir ensemble, apprendre à se connaître, à vivre ensemble, à s'adapter les uns aux autres. Toutes ces confrontations ont cassé nos stéréotypes, nos préjugés, que nous avions les uns sur les autres. Et nous avons fini par nous dire que nous avions beaucoup de points communs.

    Alice et Léna

     

    Pendant le weekend, un des débats fort animé fut celui sur le rôle des femmes dans notre société. Ce fut très intéressant car nous avons pu découvrir à quel point nos points de vue sur ce sujet fondamental sont différents. En effet, certains élèves voient encore la femme comme attachée principalement au foyer et devant consacrer beaucoup de temps à ses enfants. D'autres affirment que sa place dans la société a bien évolué et qu'elle est devenue presque égale à l’homme. Ce fut très enrichissant mais aussi assez révoltant car peu d'entre nous imaginions un tel déséquilibre.

    Fannie

     

    Un atelier m'a particulièrement marqué. Il s'agissait de nous faire comprendre et "ressentir" les inégalités à l’échelle mondiale. Nous étions divisés en trois groupes : les pieds nu (les plus pauvres), la classe moyenne et l'élite. Au début, il était relativement facile de changer de classe sociale puis, au fur et à mesure que le jeu avançait, le mouvement devenait de plus en plus difficile voire impossible. Les plus pauvres ont expérimenté l’oppression en devant déchirer sans raison des bouts de papier tandis que les plus riches mangeaient du chocolat. Cette expérience fut riche d’enseignement : si, dans notre vie quotidienne nous vivons assez bien, d'autres n'ont pas cette chance.

    Hugo

     

    À la fin du week-end, nous nous sommes rassemblés avec notre groupe et notre accompagnateur « Iles de Paix », Laurent, pour discuter des raisons pour lesquelles nous voulions participer à un projet tel que Move With Africa, ainsi que de ce qui nous enthousiasmait à propos de notre futur voyage au Bénin.
    Nous nous sommes posés des questions telles que « En quoi cette expérience pourra faire profiter le monde ? » et « En fait, faut-il que le monde profite de cette expérience ? »

    Personnellement, nous pensons que le monde y gagnera car nous ferons tout pour participer modestement (ou moins) à l’ouverture des esprits. Ici, en Belgique, nous utiliserons les pouvoirs que nous aurons pour rendre le monde meilleur. Le souvenir de ce futur voyage nous habitera et nous dirons haut et fort que les Béninois valent la peine ! »
    Ainsi se conclut notre week-end (…sans oublier le rangement ;-) )

    Yesmine

  • Ouverture au monde, leçon de tolérance : rencontre avec le Dalaï-lama


    dalaï-lama.jpgUne conférence interconfessionnelle : nous voici bien loin d'une préparation pour le Bénin! Quoique? Rencontrer l'Autre, c'est ici, tous les jours, partout...

    RTBF JT du 12 septembre !

    Voici le JT où il est question de cette conférence. À écouter à partir de la minute 22.30 ! Et ça ne dure que trois minutes! ;-) 

    Par Arthur:

    La conférence du 12 septembre réunissait de grands représentants religieux - l’archevêque de Malines-Bruxelles, le représentant du culte protestant, le grand rabbin et le représentant de l’exécutif musulman - mais aussi le prestigieux et honorable Dalaï-lama. La conférence se présentait sous forme de débat entre les chefs religieux en face d'élèves en dernière année de secondaire, ou d'étudiants, et était animée par la présentatrice de la RTBF Hadja Lahbib (très impliquée dans les débats religieux et que notre classe avait déjà rencontrée pour un débat autour de l'un de ses films "Patience, patience, tu iras au paradis" qui parle de l'intégration des femmes immigrées dans la société européenne). Elle leur posait des questions que nous, élèves, avions envoyées préalablement, et ils répondaient chacun à leur tour (même si le Dalaï-lama était très bavard, et laissait peu la parole à ses confrères).

    À chaque question, tous les représentants étaient du même avis (les femmes doivent avoir plus de droits, l'éducation et la jeunesse forment l'avenir, etc.). J'ai remarqué d'emblée que les religions ont bien plus de points communs qu'on ne le pense. Tout au long de la conférence, ces hommes de grande qualité riaient ensemble (notamment avec le Dalaï-lama, qui a un humour enfantin mais plaisant, et surtout un rire communicatif). Là, je vis que "les religions", entre elles, ne se haïssent point. Et au contraire, savent vraiment vivre ensemble (ce que nous voyons malheureusement de moins en moins de nos jours). Mais le plus touchant dans la conférence, fut lorsque les chefs religieux se serrèrent tous la main, se tapotèrent l'épaule, et échangèrent un présent. J'ai compris alors que les guerres ne naissent pas des religions. Elles proviennent de certaines personnes qui interprètent mal une religion, ou qui l'utilisent pour justifier des propos malhonnêtes et des actes barbares.

    Par William :

    Ce mercredi 12 septembre, nous avons assisté à une conférence interconfessionnelle avec notre classe de morale.

    J’ai beaucoup aimé cette conférence, en particulier j’ai aimé rencontrer le Dalaï-lama.  À son arrivée, j’ai ressenti sa présence positive et elle m’a donné le sourire. Il avait une manière sereine d’aborder les choses tout en nous instruisant. Face aux questions, il parvenait à remonter à la nature des problèmes tout en suggérant des solutions pratiques et concrètes pour chacun d’entre nous. Il nous donnait son avis personnel et ne portait pas de jugement dicté par une religion. J’ai adoré sa simplicité et son humour : il nous divertissait, nous mettait à l’aise ; c’était comme s’il contrôlait la situation et déterminait l’atmosphère de la salle.

    En revanche, certaines choses m’ont déplu. J’ai trouvé que le Dalaï-lama ne laissait pas assez la parole aux autres représentants religieux. Plus encore, j’ai trouvé que les gens vénéraient trop le Dalaï-lama par rapport aux autres représentants pourtant éminents, eux aussi.

    J’ai lu un des livres du Dalaï-lama « The art of Happiness », qui m’a ouvert l’esprit sur beaucoup de choses et m’a poussé à devenir une meilleure personne. Je suis touché d’avoir pu rencontrer ce maître à penser. C’était l’un de mes rêves. Je remercie l’UCL et nos professeurs d’avoir organisé une telle rencontre. Je ne l’oublierai jamais.