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Ecole Européenne III - Page 5

  • Le pays des mille chemins

    Une chose marquante constatée durant notre voyage est que les Rwandais sont très diplomates.  Pour dire une même chose, ils adoucissent les angles comme s'ils cherchaient à éviter tout malentendu ou potentielle tension. En Belgique nous avons plutôt tendance à dire les choses franchement et directement. Dans les écoles rwandaises tous les élèves semblent s'entendre: nous n'avons pas vu des sous-groupes d'amis.  Pour la plupart des sujets abordés, les élèves passent par plusieurs chemins afin d'exprimer leur point de vue. 

    Nous avons essayé d'expliquer cette dimension de la culture rwandaise en faisant un lien avec la politique dictatoriale où tout le monde est contrôlé. On peut également l'expliquer par la peur de créer des tensions qui pourraient s'accentuer et mener vers un nouveau génocide. 
     
    Iliène et Marlène 
  • Jour 9 - 15 février - Une matinée au champ et à l'usine

    canne1.JPGLes conditions de travail au Rwanda.

    L'une des expériences qui m'a le plus frappé était notre visite d'une usine de transformation de canne en sucre. J'ai trouvé les conditions de travail des ouvriers choquantes. Ceux-ci travaillaient en tong, simple blouse, sans casque, très près des cuves de sucre bouillant. Ce que j'ai trouvé hallucinant quand on sait les brûlures que le sucre à cette température peut causer sur la peau. Lorsque quelqu'un a demandé à notre guide de l'usine si des accidents arrivaient souvent, il nous a répondu que non car tous les ouvriers portaient des casques et des bottines. Les trois quart des travailleurs autour de nous ne portaient ni l'un ni l'autre!

    Cette expérience a renforcé certaines impressions que j'avais du Rwanda. Tout le monde travaille à donner l'image que tout va bien dans le pays, notamment par rapport aux tensions entre hutus et tutsis qui sont encore très présentes alors que la plupart des gens que nous avons rencontrés ont essayé de nous les dissimuler. Ou encore le problème des déchets : ils ne sont pas visibles dans les endroits fréquentés mais s'accumulent dès qu'on s'éloigne dès qu'on s'éloigne de ceux-ci.usine1.jpeg

    Pour en revenir à l'usine et aux conditions de travail des ouvriers, je me suis fait la réflexion que ces conditions m'auraient beaucoup plus choqué si j'avais visité l'usine au début du voyage. Entretemps, j'ai vu des gens travailler dans des conditions horribles dans les champs sous 20 000 degrés (à peu près). La question qui me fait beaucoup réfléchir maintenant est : Est-ce que l'être humain s'habitue à côtoyer la misère et la pauvreté, comme s'il s'agissait d'une fatalité?

     

    Thomas D.

  • Jour 9 - 15 février - Visite au mémorial des casques bleus

    Jeudi nous sommes allés au mémorial des casques bleus. Le mémorial est l'endroit sur le site militaire des casques bleus pendant le génocide. Le bâtiment est encore comme au moment de l'attaque contre les Belges. Un nouvel élément, pas particulièrement très positif nous a été raconté. On a appris que les Belges particulièrement étaient visés la nuit du 6 avril 1994, après la mort du président. Du fait, ils étaient désignés comme les responsables pour la mort du président  Habyarimana. C'est pour cela que 10 soldats (tous Belges) ont été tués dans les quelques heures suivant la mort du président. 

    Ce qui reste tout de même un mystère pour moi est pourquoi les Belges ont immédiatement été désignés comme responsables de la mort de Habyarimana. On ne peut pas ignorer le passé commun que notre pays a avec le Rwanda, c'est sur. À la fin de la colonisation du Rwanda par Belgique les belges soutenaient les Hutu au pouvoir, le pouvoir qu'ils voulaient garder après avoir signé l'accord d'Arusha (ce qui à mon avis était un déclencheur de la mort du président). Les Belges étaient aussi revenus au Rwanda pour y installer et garder la paix, donc sans mauvaises intentions -encore une fois, selon moi. 

    Je me pose donc la question: Pourquoi les Belges ont-ils été visé du décès de Habyarimana? Pourquoi les gens qui ont été chercher les Belges étaient si convaincus qu'ils étaient les responsables? Et pourquoi, sans vérifier et attendre un peu? 

    Je n'aurais jamais de réponse à mes questions. On a pu sentir qu'il y a quand même un grand tabou sur cette période dont personne ne (peux) parle(r). 

    Il y a encore autant de trou (noirs) dans cette histoire, des trous aussi noirs que la boîte de l'avion qui contient probablement un grande majorité de nos réponses.  

    Laia R